On jase de chiens avec… Daniel Grenier, humoriste

Dans cette entrevue, on discute de la vie (et de ses chiens !) avec l’humoriste et comédien Daniel Grenier. On rit beaucoup, mais on est aussi ému !

Description de la vidéo

Ne ratez pas la petite vidéo avec les Pitous de Daniel à la toute fin de l’entrevue !

Avant même de débuter l’entrevue, Daniel prend les deux pattes de son chien et lance d’une voix aiguë : « Allô les amis ! » Je lui dis que puisque c’est parti en riant, l’entrevue devrait être bonne !

Début : Je présente mon invité, Daniel Grenier, que je ne peux pas décrire sans lire le paragraphe sur mon carton, tellement il porte de chapeaux. Daniel Grenier est comédien, humoriste, chanteur, Chick n’Swell, créateur, auteur, compositeur-interprète, peintre, ceinture noire en karaté et poète. Il est aussi le papa de deux adorables chiens. Daniel ajoute en riant qu’il a aussi deux garçons.

2:01 : Je lui demande de nous présenter ses chiens. Il nous présente d’abord Bonnie, qu’il imite avec la même voix aiguë qu’au début de l’entrevue : « Allô, bonjour les amis, moi c’est Bonnie, le chien ! Je suis la plus belle au monde ! » Nous rions. Daniel nous dit qu’elle est très gentille et qu’il l’évoque dans plusieurs de ses chansons, qu’elle a aussi joué dans ses sketchs d’humoriste. Il dit qu’est bonne comédienne à cause de ses gros yeux expressifs, pleins d’émotions. J’ajoute que son talent de comédienne vient aussi du fait qu’elle n’a pas trop de réactions qu’il ne veut pas qu’elle ait…

3:15 : Daniel acquiesce. Il la trouve tellement gentille, et elle l’écoute. Dans une de ses vidéos, elle apparaît au moment où on s’y attend le moins : alors que l’on s’attend à voir une princesse derrière la fenêtre, c’est Bonnie qui est là avec ses gros yeux. Nous rions. Je lui dis qu’en effet nous pouvons faire faire beaucoup de choses à nos chiens, on leur interprète des émotions, on peut leur faire dire ce que l’on veut. Daniel dit que Bonnie, l’émotion qu’elle a toujours en le regardant, ça ressemble à :« Je t’aime vraiment et je vais faire n’importe quoi pour toi, même si tu me demandes de faire ça. » Daniel dit que son autre chien, nommé Martine, est différente. Il l’appelle pour qu’elle vienne.

4:20 : Elle est un peu timide mais elle vient s’asseoir à côté de nous. C’est une race très particulière, il y a peu de gens avec ce genre de chien. C’est une Basenji.

Daniel nous dit que les ancêtres de ces chiens sont des chacals. Il ajoute que l’esprit de famille est très fort chez les chiens comme Martine.

5:26 : Bonnie a huit ans. Daniel nous dit que les noms de ses chiens se sont transformés avec les années. Il me demande si c’est comme ça avec tous les propriétaires d’animaux. Je lui dis que je pense que oui. Il me dit que ces temps-ci, le nom de Bonnie, c’est Boum-Boum. Avant, c’était « Unbeubé84522, avant, « De bon fille ». Martine, elle, c’est maintenant Yomy.

6:36 : Martine a deux ans. Je lui demande pourquoi il l’a appelée Martine. Il me répond difficilement parce qu’il s’interrompt souvent pour rire. Un jour, il a eu une sorte de fixation où, chaque fois qu’il se promenait en voiture avec un ami, sa copine ou son garçon, et qu’il voyait quelqu’un passer, il disait :  « Hey ! C’est Martine ! » Puis, : »Ah, non, non, c’est pas elle. » C’était son running gag avec lui-même, il était la seule personne qui trouvait ça drôle, tout le monde se retournait pensant que Daniel connaissait vraiment Martine. Bref, le nom Martine est finalement resté, et il a un peu arrêté de faire la blague, parce que Martine est toujours avec lui.

Je lui demande en riant si maintenant il a changé de nom pour appeler les gens dans la rue. Il ne dit pas : « Hey ! C’est Jean-Claude ! » ? Je lui que ça se voit que Bonnie et Martine sont de bons chiens, il est chanceux, parce que moi j’ai une espèce de petite bombe.

7:55 : Il me demande si elle était difficile jeune et si aujourd’hui elle l’est toujours. Je lui réponds que ça va mieux, parce que je suis devenue éducatrice canine.

Daniel veut savoir si j’ai réussi à transformer la personnalité de mon chien. Non, je n’ai pas réussi, parce que selon moi ce n’est pas possible, mais je l’ai aidé à gérer ses émotions.

8:14 : Il me dit que personnellement, il a transformé sa personnalité grâce au karaté, discipline sportive qu’il a commencé il y a déjà 16 ans. Il veut dire qu’à travers le karaté, il a reçu beaucoup d’amour et que grâce à cet amour, sa personnalité a changé. Il pense que tout l’amour qu’il donne à son chien lui permet de s’apaiser dans son environnement, et que, conséquemment, son caractère s’est modifié.

9:30 : Il nous raconte qu’au départ, il ne voulait pas de chien, mais sa conjointe oui, même si elle était allergique. Ils ont acheté Bonnie, qu’ils ont depuis presque neuf ans. Puis, il y a deux ans, elle lui a dit qu’elle voulait un autre chien. Il lui a dit qu’ils avaient déjà un chien… puis s’est mis à se dire qu’elle l’avait probablement déjà commandé… ce qui était le cas ! Ils ont donc eu Martine, et quand elle est arrivée chez eux, Daniel n’avait pas nécessairement décidé d’avoir un autre chien. Parce que depuis qu’il a des chiens, il ne veut plus trop partir en voyage, il s’ennuie trop d’eux. Je lui dis que je comprends. Avoir des chiens, ça change une vie. C’est parce que justement Daniel s’ennuie trop de ses chiens en voyage qu’avec sa conjointe ils ont un chalet en campagne où ils peuvent aller avec leurs animaux.

10:25 : Bref, il avait remarqué que quelque chose semblait clocher avec Martine, dans son comportement. Il a pris son attitude comme si elle lui disait : « Aime-moi autant que l’autre chien. » Il la trouvait un peu intense avec Bonnie et souvent, il protégeait son premier chien. Depuis qu’il a compris que les deux devaient recevoir de l’amour de façon égale, il donne plus d’amour à Martine et a remarqué un changement dans son comportement. Je réplique que c’est un peu normal d’agir différemment avec chaque chien, même inconsciemment, puisqu’ils sont différents l’un de l’autre. Daniel répond que depuis qu’il donne plus d’affection à Martine, elle ne grogne plus après Bonnie.

Je lui dis qu’il a trouvé quelque chose pour la rassurer. Il me répond que oui, que l’amour transforme, donc.

11:40 : Ce qui amène Daniel à nous raconter que quand il a commencé à faire du karaté, il avait le syndrome de l’imposteur, jusqu’au jour où son prof de karaté lui a demandé : « Est-ce que tu veux faire du karaté ici pour les 20 prochaines années ?  Daniel a répondu que oui, et son professeur a dit : « Il y a des témoins ». Pour lui, savoir qu’il était le bienvenu pendant 20 ans à un endroit, ç’a atténué son sentiment d’imposture et de s’assumer en tant que « karaté man ».

12:43 : Pour clore le sujet, j’ajoute que personnellement je suis devenue éducatrice canine d’abord parce que j’avais un chien avec un fort tempérament et que je ne savais aucunement quoi faire avec. J’étais complètement démunie, je ne connaissais rien. Finalement, je suis allée me former pour moi et je me suis découvert une passion. Daniel renchérit que c’est incroyable tout ce que les animaux peuvent nous apporter.

13:11 : Justement, j’allais lui poser la même question, à savoir ce que ses animaux lui apportaient dans sa vie ? Il me dit que suite au fait d’avoir adopté Martine et à l’amour qu’il a voulu lui donner de plus dernièrement, il a pris conscience de cet amour-là dans ses autres relations avec des humains. Ça l’ouvre plus aux autres et ça lui fait réaliser que ce même amour, il peut aussi le donner autour de lui, pas seulement à ses chiens. Ses animaux lui apportent beaucoup d’ouverture et de joie. Il nous avoue en riant que ses chiens sont un de ses principaux sujets de conversation avec sa conjointe, il ne sait pas de quoi ils parleraient sinon ! Sans blague, cela les fait rire beaucoup et même si évidemment ils parlent d’autre chose, leurs meilleures blagues sont celles à propos des animaux.

14:19 : Je réponds en souriant qu’en effet, ça prend tellement de place dans une vie, mais de la belle place, ça nous force à nous responsabiliser envers un animal.

Daniel dit qu’avec Bonnie, les choses se sont faites plus naturellement, mais qu’avec Martine, quand il a eu l’impression qu’elle lui disait : « Aime-moi autant que je t’aime », sa manière d’interagir avec les autres.

14:55 : Je rappelle que chaque chien est différent et qu’il y a toutes sortes de façons d’aimer nos chiens, de les respecter selon leurs différences.

Daniel me demande : « Si ton chien a encore un caractère fort, est-ce que tu t’arrange mieux avec que dans le passé ? » Il est curieux de savoir si ça s’est transformé en quelque chose d’agréable avec le temps. Je lui réponds que oui ou peut-être plutôt dans certains moments… Mon chien étant très réactif (c’est un chien qui n’est pas patient, qui est irritable, colérique), je ne l’ai pas aidée quand elle était petite, et à cause de mauvais conseils que j’ai eus, finalement je l’ai rendue pire, et maintenant elle est anxieuse. C’est à peu près ça, pour faire une histoire courte. Mais comme c’est Daniel mon invité, je veux le faire parler de lui… Il me répond que même s’il est mon invité, ça l’intéresse.

15:55 : Je continue donc à expliquer que dans le passé j’ai beaucoup puni mon chien. Une fois que j’ai compris l’émotion que ma chienne vivait quand elle réagissait, j’ai fait ce qu’il fallait pour ne plus empirer son cas, ce que la punition avait malheureusement fait. La punition est une méthode tellement mauvaise, qu’aujourd’hui, c’est ma mission d’expliquer aux gens pourquoi ça l’est ! À force de punir ma chienne, je l’ai rendue plus anxieuse, plus irritable, plus colérique. Maintenant que je comprends ce qu’elle vit, je la rassure, je reste calme, je ne me fâche plus, même si parfois elle m’énerve encore. Je l’enlève de la situation où elle n’est pas bien et je la travaille.

16:35 : J’ajoute que le but de mon travail, c’est de comprendre. De comprendre ses propres émotions par rapport à son chien, puis ensuite de comprendre les émotions de son chien pour ensuite être capable de l’aider.

16:57 : Daniel me donne l’exemple de sa chienne Bonnie, qui n’aime pas du tout être en voiture. Je lui demande si c’est de l’anxiété ou si elle a le mal des transports. Il me dit qu’elle halète beaucoup, elle fait trop d’anxiété. Un jour, Daniel a mis les freins soudainement, puis elle a foncé dans le banc. Depuis ce jour, elle a peur de monter en voiture.

Son autre chien, Martine, voit que Bonnie est vraiment stressée, et se demande ce qui se passe. Je dis à Daniel que Martine ressent l’anxiété de Bonnie.

17:35 : Daniel me dit qu’il a rarement chicané ses chiens. Une seule fois il a crié après Bonnie quand elle avait fait caca dans la maison. Elle était traumatisée, mais il ne l’a jamais chicanée de nouveau après cet événement isolé.

Je lui dis qu’en effet, ça ne sert à rien de crier après son chien s’il a un comportement désagréable pour nous. Nous, les humains, parfois, on réagit fort, mais eux ne peuvent pas comprendre pourquoi on s’énerve contre eux.

17:54 : Daniel dit qu’il n’a jamais été méchant avec ses chiens. Un moment donné, Bonnie essayait tout le temps de mordre Martine et ça dérangeait Daniel, donc il essayait de l’enlever de là, mais il a arrêté. Il a commencé à donner beaucoup d’amour à Martine et ces affrontements entre chiens se sont arrêtés. Selon Daniel, l’amour était la meilleure solution pour Martine et c’est ce qui fait vraiment se transformer les choses. Pour tout ce qui existe sur la planète, pense d’ailleurs Daniel, l’amour est le meilleur chemin à prendre.

18:52 : Ce que Daniel aime le plus faire avec ses animaux, c’est d’essayer de trouver leur sens de l’humour. Ça le fait rire. Avec Bonnie, par exemple, c’est de marcher très tranquillement vers elle en la regardant. « Elle trippe ben raide ». Elle sait qu’il veut jouer. Avec Martine, dernièrement, il lui dit n’importe quoi. Elle le regarde, puis Daniel lui dit des choses qui n’ont pas de sens, on dirait qu’à ces moments-là, elle la juge, mais remplie d’amour.

Je lui dis que son chien doit lui dire : « je t’écoute, mais je ne comprends rien. » Daniel ajoute que ce sont les yeux de Martine qui le font le plus rire quand il lui raconte n’importe quoi.

20:00 : Je pense à mon entrevue de l’année dernière avec le docteur Simon Gadbois, un neuro-éthologue et également à un de mes professeurs qui est vétérinaire comportementaliste à qui j’avais demandé si les chiens avaient un sens de l’humour. Joël Dehasse m’avait répondu que : « Les chiens sont capables de mentir, donc je penserais facilement que les chiens sont capables d’avoir un sens de l’humour. » Mais ça dépend du chien, encore une fois. Mon chien n’a aucun sens de l’humour. Et ça me fait tellement rire, parce que je la vois, mais elle, elle n’a aucun sens de l’humour. Mais je suis sûre qu’il y a des chiens qui l’ont.

20:41 : Daniel dit que quoi qu’il en soit, Bonnie comprend son jeu. Selon moi, c’est ça, elle a associé son attitude avec « on joue ». Entre deux périodes d’écritures, quand Daniel va se faire un café dans la maison, il commence à marcher tranquillement vers elle, puis à un moment donné son expression change, et il commence à voir ses yeux bouger. Elle a juste la tête qui penche et elle fait comme si elle acquiesçait. Il adore ça. Il nous dit que même avec son garçon, à partir de quand il était bébé, il a toujours essayé de trouver son sens de l’humour et ce, à tous les âges.

21:46 : Je dis que l’humour, le rire, c’est tellement bon dans la vie. On a besoin de ça, et notre corps sécrète tellement de bonnes hormones quand on rit. Daniel ajoute que pour lui rire est extrêmement libérateur, toutes les cellules de son corps le remercient le lendemain.

22:22 : La prochaine question que je voulais lui poser était pour savoir si sa vie serait différente s’il n’avait pas de chien, mais je trouve qu’il m’a déjà répondu depuis le début de l’entrevue : l’amour qui trouve dans ses chiens, les voyages qu’il ne fait plus parce qu’il s’ennuie d’eux, bref ; il est clair que pour Daniel ses chiens ont une grande importance dans sa vie et que sa conjointe et lui organisent relativement leur vie en fonction d’eux.

22:58 : Je lui demande comment ça s’organise pour lui quand il part en tournée pour des spectacles ?

Il me répond que souvent, il ne fait que partir peu de temps à l’extérieur et revient le jour même ou le lendemain à la maison. Comme sa conjointe travaille de jour et lui de soir, il y a toujours quelqu’un avec eux. Parfois il part plusieurs jours d’affilée, mais il est tellement occupé dans ces moments-là qu’il n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer, c’est toujours un tourbillon quand il est en tournée, il n’a aucun temps. Quand il revient, ses chiens sont très contents. Il nous avoue que sa chienne Martine ne jappe pas, mais hurle. Alors quand il revient d’un séjour à l’extérieur, Martine ne jappe pas de contentement, elle hurle carrément et devient complètement euphorique. Je lui dis de se considérer chanceux, car beaucoup de gens sont pris avec des problèmes de chiens qui jappent continuellement.

24:31 : Je voulais aussi lui demander si les chiens participaient à son inspiration professionnelle. « Oui, vraiment », nous dit-il. Parfois, il leur chante des chansons, et ça le fait vraiment rire de les voir le regarder. Certains jours, il sort sa guitare, puis il compose une chanson pour Martine avec seulement des mots qu’elle connaît, c’est vraiment un sketch écrit juste pour elle.

25:23 : Je veux savoir s’il a des anecdotes rigolotes à nous raconter à propos de ses chiens. Il me répond qu’une fois, sa conjointe et lui jouaient au frisbee avec Bonnie, le fils de sa conjointe avait 5 ans seulement. Il lui a lancé le frisbee, mais elle est tellement partie vite qu’elle n’a pas fait attention à l’enfant, elle lui a foncé dans les jambes et le petit a fait un flip avant complet. Puis elle a continué pour aller chercher le frisbee.

25:47 : Aussi, dernièrement, alors qu’ils étaient à la campagne, un renard traversait la rue. Daniel était en voiture avec les deux chiens – Martine à l’avant, Bonnie à l’arrière – et baisse un peu la fenêtre pour que Martine puisse voir le renard. Sans crier gare, Bonnie a réussi à sauter par la fenêtre de la voiture et elle a pourchassé le renard jusque dans le champ, mais elle courait tellement vite qu’elle en faisait des culbutes, elle culbutait, culbutait, culbutait… Finalement le renard s’est enfui et elle est revenue.

26:19 : Je lui dis qu’une chance qu’elle est revenue ! Daniel me dit qu’il a pleinement confiance en Bonnie, il n’est pas obligé de l’attacher et peut aller marcher avec elle où il veut, elle l’écoute toujours. Quand à Martine, son basenji, il n’en est pas encore là avec elle.  « Peut-être une petite génétique de chasse ? », je suggère.

26:36 : Ah ! Cela amène Daniel à une autre anecdote, à propos de Martine cette fois. Il n’était pas là, mais c’est arrivé à sa conjointe. Un jour, elle est partie marcher dans les champs de maïs en arrière du chalet. Martine était avec elle et tout à coup, elle se met à courir à toute allure. Elle est revenue… avec un bébé dindon sauvage dans la gueule. La conjointe de Daniel voulait que Martine la lâche ! Elle l’a finalement lâchée, mais la pauvre dinde était déjà morte.

Une autre fois, les deux chiens ont aussi attaqué une marmotte. Celle-ci avait mordu la babine de Bonnie, parce qu’elle était plus intense, Martine observait davantage. Daniel dit en riant que Martine avait misé sur la marmotte, pas sur Bonnie.

27:45 : Parfois, les deux chiennes jouent ensemble, mais Bonnie étant plus vieille, elle a moins de patience. Quand elle est tannée de se chamailler, elle le fait savoir à Martine, qui comprend rapidement.

Martine, quant à elle, ne peut pas supporter la vue de sa sœur, une autre basenji qui habite dans le même quartier que Daniel. C’est bizarre, nous dit-il, quand elle la voit, elle veut lui sauter dessus, elle grogne énormément.

Daniel nous raconte que les bruits que Martine fait, quand elle baille, par exemple, ça le fait beaucoup rire.

29:42 : Pour conclure l’entrevue, j’ai une dernière question pour Daniel. Ma fameuse dernière question. Je lui précise que sa réponse doit venir du cœur et que cela peut toucher toutes les sphères de sa vie, pas seulement les animaux. « Est-ce que tu as fait quelque chose dans ta vie que tu considères aujourd’hui comme une erreur, et que si tu revenais en arrière et que tu aurais la possibilité de changer les choses, tu referais quand même cette erreur ? »

30:44 : Daniel affirme tout de go qu’il ne ferait tout simplement plus les mêmes erreurs. Il poursuit en disant de comprendre de ma question que je fais un parallèle avec les chiens et la façon dont ils apprennent les choses ? Je lui dis que pas du tout, que ça peut être juste personnel comme réponse. Je lui réexplique la question : ce que je veux dire, c’est que quand on prend une décision dans la vie, on pense qu’on prend la bonne décision à ce moment-là, puis parfois, rétrospectivement, on s’est rendu compte que c’était une erreur. Cela nous est tous arrivé dans notre vie, que finalement, à ce moment-là, on n’a pas pris la bonne décision pour nous. Mais il reste que cette décision-là nous a amenée à quelque part, ce qui fait qu’on la referait quand même, cette erreur. Je dis à Daniel que dans mon entrevue avec Vincent Graton, je lui avoue que d’aller faire mon école de théâtre à Paris, c’était une erreur. Mais je pense aujourd’hui que je la referais peut-être pour tout ce que ça m’a amené dans ma vie quand même.

31:47 : Daniel est pensif. Il me répond qu’il ne le sait pas. Ce n’est pas évident, dit-il. Il a l’impression qu’il n’y a pas vraiment d’erreurs, il ne voit ça que comme des expériences, et tellement pas comme des erreurs. Pour lui, on fait juste vivre, et ensuite, continuer à vivre.

Je suis complètement d’accord. Mais il reste qu’il a quand même pris une décision de faire quelque chose, puis que ç’a été une mauvaise expérience alors c’est peut-être mieux de parler ici d’expérience.

32:00 : Daniel me dit qu’il doit y penser, mais qu’il ne trouve pas vraiment, parce qu’il se trouve extrêmement chanceux dans la vie. Il réalise ses rêves… C’est sûr qu’il a fait des choses desquelles il n’était pas fier, ou qu’il n’aurait pas dû faire, mais il pense qu’il essaye tellement de s’accrocher au positif de ces choses-là aujourd’hui, il ne les considère pas comme des erreurs. Il raconte qu’ils [avec les Chick n’Swell] ont fait l’école de l’humour, il a appris plein de choses, puis ensuite, quand les Chick n’Swell ont arrêté, il a décidé d’aller faire des shows tout seul. À cette époque, il n’a pas aimé ça. Il s’est dit : « Eh, je ne veux plus jamais faire ça de ma vie, c’est atroce. » Finalement il a continué quand même, puis il est vraiment content d’avoir persévéré parce qu’aujourd’hui il a un plaisir fou.

33:19 : « Tu vois », que je lui dis. Daniel hoche la tête. Pour lui, l’erreur, c’est d’avoir voulu arrêter. Souvent son entourage lui disait : « Non, vas-y, tu as un autre show de booké là, va le faire. » Puis là, il y allait, il le faisait. Mais il ne considère pas ça en terme d’« erreurs»… Je lui redis que peut-être qu’erreur n’est pas le bon terme, mais quelque chose, une décision qu’il a prise…

Il est d’accord. Par exemple, dans la façon qu’il a élevé son garçon, parfois il se dit qu’il n’aurait pas dû faire certaines choses de cette manière, mais il croit fermement qu’on apprend aussi en étant parent, et qu’à ce moment-là de sa vie, il ne connaissait pas mieux.

34:02 : Je lui réponds qu’il a pris la meilleure décision qu’il croyait prendre à ce moment-là. Je pense que quand on prend une décision, on ne se dit pas : « Bon, je vais prendre la plus mauvaise décision que je pourrais prendre en ce moment. » Daniel rit en pensant au personnage intéressant que cela pourrait devenir, pour un court-métrage.

34:38 : On discute un peu de ce que « mauvais choix » peut vouloir dire pour chacun de nous. Daniel dit que par exemple, les gens qui vivent dans la rue, ce ne sont pas tous des gens qui ont pris des mauvaises décisions, ce sont des circonstances, un contexte qui les ont amenés là. Il me dit aussi qu’il ne croit pas que j’aie fait un mauvais choix en partant à mon école de théâtre, parce que cela m’a menée à faire ce que j’aime dans la vie, finalement. Selon lui, je me connais mieux grâce à ces expériences et cela m’aura menée vers là où j’en suis présentement, vers mon bonheur.

36:58 : Il trouve que c’est une bonne question, parce que cela fait philosopher et réfléchir. Il nous dit qu’il a commencé à faire les Chick n’Swell alors qu’il n’était qu’en 5e secondaire. Il avait même déjà monté sur scène en secondaire deux, il écrivait des poèmes à quatre ans. Il a toujours créé, l’inspiration n’est pas un problème, elle vient tout le temps… Il se considère très chanceux parce sa mère a eu confiance en lui beaucoup. Pour lui, le fait de croire en la vie, de faire confiance en la vie, lui donne l’impression qu’on ne peut pas vraiment se tromper.

38:03 : Je trouve que c’est intéressant ce qu’il me dit. J’aime comment les gens réagissent à cette question-là, c’est vraiment différent pour tout le monde. Ça fait réfléchir d’une autre façon. J’aime toujours comment les gens me répondent, parce que c’est toujours intéressant.

Daniel répond que même s’il a vécu des périodes vraiment difficiles dans sa vie, il ne la changerait tellement pas, parce qu’aujourd’hui, il est heureux, même s’il y a eu plein de moments dans sa vie où il n’était pas heureux.

Il me dit que souvent, on dit que les clowns sont tristes. C’est certain qu’il a un fond de tristesse, mais il l’apaise toujours par l’humour, donc pour lui c’est merveilleux : « Ma tristesse est toujours en train de se faire caresser par le rire. »

40:50 : Je remercie Daniel pour sa générosité et son temps, je suis contente de notre entrevue. Merci aux Pitous aussi et surtout, merci à vous, on se revoit à la prochaine entrevue ou à la prochaine chicane !

41:38 : Prenez le temps de visionner la petite vidéo rigolote avec Bonnie et Martine, une belle façon de terminer cette entrevue avec un humoriste !

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